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22 août 2018 3 22 /08 /août /2018 09:00

Dimanche 26 août, dans la salle polyvalente, de 9h à 17heures, des auteurs des deux départements savoyards, de l'Ain, Suisse, Piémont présenteront leurs ouvrages aux thèmes multiples : romans, poésie, ethnologie, etc..

Raymond Brasset de Faverges, époux et frère de deux de nos membres généalogistes, va présenter son ouvrage sur le patois de Marlens à partir de textes de la vie locale ou adaptés d'événements vécus ou imaginaires. Le livre est composé de nouvelles, chants, poésies ...en patois avec la correspondance en français et un CD audio de l'ensemble enregistré avec l'atelier du centre musical "Nautilus" qui sera également présent.

Raymond Brasset, époux de Martine, et frère d'Ernest, tous deux généalogistes passionnés participant aux recherches de nos ancêtres et tous deux à l'origine des deux livres en cours d'édition : "Les Cahiers de Généalogie : Mariages de Marlens de 1615 à 1945 - 1527 actes" et "Les Cahiers de Généalogie : Mariages de Saint-Ferréol de 1619 à 1945 - 955 actes".

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Le livre sera offert avec le CD audio correspondant au prix de 17,90€.

(prévoir l'appoint en espèces - ni chèque ni carte bancaire)

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Voici un résumé de l'histoire de Marlens :

Marlens, son histoire

Des vestiges romains (mur et trésor monétaire) découverts en 1780 - dont il ne reste aucune trace, si ce n'est une mention écrite ( NDLR ) - au bas du Villard confirment la création très ancienne du village de Marlens qui était situé sur la voie romaine reliant Turin (Taurasia) à Genève (Genava). Ces vestiges dateraient du IIIe siècle après JC. En effet, en 277 et les années suivantes, les Alamans détruisent une partie de Genava, Boutae (Annecy), Casuaria (mansio de la ville de Faverges, signifiant ''près de la Chaise'') et incendient successivement les villages dans leur avancée obligeant les habitants à fuir après avoir enfoui leurs biens, sans possibilité de revenir sur les lieux.

Villa Marlindum en 866 (ou 867) est donné par Lothaire II, roi de Bourgogne, arrière-petit-fils de Charlemagne, à sa femme Thietberge, en réparation de la tentative de répudiation de son épouse...

Marlandis Curtem en 879, le nom de Marlens serait d'origine burgonde, dérivant de Mârilingos, ou du mot germain Merilindus ; une plaque boucle de ceinturon portant trois orants stylisés, découverte en 1957, attesterait cette présence burgonde.

Le domaine de Marlens avec les paysans en dépendant passe en 879, à Boson, héritier de sa tante Thietberge. Plus tard, en 1016 (ou 1018), à Rodolphe III, dernier roi de Bourgogne, qui donne aux Bénédictins de Savigny (Rhône) Merlendis devenu dépendant de l'église de Talloires, dont la reine Ermengarde, son épouse, conserve l'usufruit jusqu'en 1030 (ou 1031).

En 1339, la commune de Marthod intente un procès de près de cinq siècles (1339-1827) à propos de l'alpage situé dans la montagne de l'Alpettaz (Marlens perdra la partie sommitale de la montagne, au meilleur rendement).

Au Moyen Âge, de nombreux seigneurs et communautés religieuses possédaient des biens sur Marlens (dont le nom varie entre Merlendis, Merlens, Marlenz, Marlandus, Marlens). En 1439, la maison forte du Villard (avec un pigeonnier), est mentionnée dans des documents des seigneurs des Clefs.

En 1453, Louis, duc de Savoie, cède à la commune, pour 200 florins, la montagne dite Le Haut de Marlens (acte signé à Genève le 16 mars 1453).

En 1561, dans la liste des habitants de la Gabelle du sel, on repère pas moins de 48 personnes qualifiées de Noble (familles de Beaufort, De Gruet, De Cirace ...).

De par sa situation stratégique sur un promontoire permettant une surveillance de l'étroit de Champfroid, la commune et ses communiers subissent souvent l'occupation de troupes (avec les conséquences de réquisitions de logements, de nourritures, de pillages, de viols, …) :

1536 à 1559 : troupes de François Ier

1588 : troupes espagnoles

1599 : troupes de Henri IV

1602-1609 : troupes espagnoles

1630 : troupes françaises de Louis XIII

1690-1696 : troupes de Louis XIV

1701-1713 : 2e occupation des troupes de Louis XIV

1742-1748 : troupes espagnoles

1792 : entrée de l'armée française en Savoie, qui est réunie à la France. Marlens se trouve dans le département du Mont Blanc, nouvellement créé par la Convention.

En 1814, le 1er traité de Paris restitue la Savoie à ses anciens maîtres, mais Marlens reste sur le territoire français.

En 1815, par le 2e traité de Paris, Marlens redevient temporairement Sarde jusqu'en 1860.

En 1860, la province de Savoie est définitivement rattachée à la France. Marlens devient commune à part entière de la Haute-Savoie, l'un des deux nouveaux départements.

En 1er janvier 2016, la commune de Marlens fusionne avec celle de Cons-Saint-Colombe sous le nom de Val-de-Chaise, et compte désormais 1305 habitants, ne cessant de progresser.

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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 06:00

La souscription se termine dans 15 jours

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le Bon de souscription

L'édition se fera au nombre de souscripteurs !

Pas de vente dans le commerce !

Léonie Sidonie MUGNIER SERAND naît à Talloires, dans le hameau d'Angon, le 5 mars 1836, fille aînée de Jean Claude Mugnier Serand et de Julie Contat mariés.

Sidonie décède le 17 juillet 1863, à 27 ans 4 mois 12 jours.

« La documentation que nous laisse Sidonie, pour être plus modeste, n'en est pas moins d'une réelle valeur. On devine, à travers ses écrits, une nature douée de qualités vraiment remarquables. Très fine, très observatrice, rien ne lui échappe ; elle relève, et non sans malice, sur les feuillets de son journal, les travers de chacun ; mais elle est sensible, délicate, aimante, elle s'attache à ses amis de même qu'elle est pleine de tendresse pour les animaux ; ses chiens Brutus et Léo sont ses plus fidèles compagnons ; alpiniste intrépide, elle fait preuve dans ses ascensions, de décision, d'énergie, de volonté, qualité qu'on ne rencontre pas communément chez une jeune fille de son âge ; elle est le boute-en-train de toutes les fêtes, de toutes les réunions ; elle paraît heureuse de vivre ; à moins qu'elle ne veuille seulement en donner l'illusion, car, ce qui paraît être la dominante de sa nature, c'est un profond mysticisme empreint de la plus décevante tristesse, comme si elle pressentait que sa vie serait de courte durée. »

« La lecture de son journal nous la révèle tout entière ; nous la voyons : espiègle en racontant son premier voyage en chemin de fer ; malicieuse en décrivant la visite que firent à Talloires Napoléon III et l'impératrice Eugénie ; mondaine dans ses impressions au bal donné par la municipalité d'Annecy, en l'honneur du gouverneur de la province ; observatrice dans une promenade qu'elle effectue à Albertville et à Conflans ; poétique au cours d'une ascension qu'elle effectue à la Tournette ; méditatives à la cime du charbon ; torturée par les influences qui s'exercent autour d'elle pour capter son âme et lui faire prendre le voile ; chagriné et mystique au début de l'année qui devait être pour elle la dernière. »

Le samedi 18 avril 1863, elle écrit :

« Décidément, je suis trop fatiguée pour continuer ce pauvre journal que je gribouille en dépit du bon sens ».

« Tel est l'ultime pensée, combien émouvante dans sa simplicité, qui met le point final au Journal intime qu'avec une conscience et une fidélité extraordinaire, Sidonie aura tenu jusqu'à ses derniers moments… »

Sidonie est Mondaine

dans ses impressions au bal donné par la municipalité d'Annecy, en l'honneur du gouverneur de la Province

Samedi 18 février 1860. Bal

« Voilà donc le grand jour arrivé, le bal offert par la ville d'Annecy à M. le gouverneur Maggi, commencera ce soir à 8 heures. Toute la ville se prépare, il y aura beaucoup de monde. Nous faisons toutes nos commissions dans la matinée, et à midi, nous rentrons pour ne plus nous montrer jusqu'à ce soir. À 2 heures, nous commençons déjà à nous coiffer les unes les autres, et nous n'avons fini qu'à la nuit. Mlle Philomène Mugnier notre modiste, a la complaisance de venir à 4 heures pour nous habiller. Nous soupons avant de commencer cette œuvre importante, puis nous nous mettons à l'ouvrage. La robe de Louise est en tarlatane blanche garnie de trois grands plis, entre chacun desquels il y a une jolie broderie. La berthe et assorti au reste de la robe, les manches sont courtes. La robe d'Antonie et en tarlatane blanche garnie de 12 volants, ma coiffure est rose, rouge avec du feuillage d'argent. Celle de Louise est en perles blanches et fleurs bleues. En général, nos toilettes sont fraîches et assez jolies. À 8 heures, tout est achevé, M. Richard nous attend chez Éloi pour nous conduire à l'hôtel de ville. Le temps est sec et froid, mais nous ne nous arrêtons pas à cela. Nous voyons déjà de loin la façade illuminée, et des carabiniers à cheval faisant reculer la foule. Le vestibule et la cour seront garnis de glaces et de bougies. L'escalier est orné de fleurs et de lumières, c'est vraiment magnifique. Nous trouvons dans l'antichambre une foule de commissaires en grande tenue qui nous offrent leur bras pour nous introduire. Le vestiaire a d'abord notre première visite, puis M. Chaumontel avocat me conduit dans le salon, ces autres messieurs conduisent mes sœurs et Maman. Nous sommes placées en face des places réservées pour la famille du Gouverneur. Annette qui est déjà dans la salle vient se mettre à côté de moi. En attendant que les danses commencent, nous avons le temps d'examiner le salon, il est magnifique. Le plafond, les murailles sont tous or et blanc avec quelques tentures rouges. Les lustres sont répandus à profusion et tout illuminés au gaz. Deux belles glaces placées en face l'une de l'autre, reflètent les lumières et les toilettes. Tous les canapés et les fauteuils sont déjà garnis et en remarquant bien, nous reconnaissons Fanny Pichollet, Rosalie de Rochette, Eugénie Collomb, Fanny Serand, Marie Lauvens, Sabine Burnod, Mme Garnier, Mme Richard, les demoiselles Ruphy etc. etc. Enfin, en tout il y a 80 dames. Les toilettes sont toutes très légères et très fraîches. Le rose et le blanc dominent, quelques robes bleues font diversion, mais la nuance la plus goûtée est à mon grand étonnement une robe vert pomme qui fait très bien à la lumière. À 9 heures, on introduit en cérémonie Mme Maggi et sa fille cadette, tout le monde se lève et ces dames saluent très gracieusement. M. Levet les place sur leur fauteuil et Mme Levet et de Fésigny viennent s'asseoir et causer avec ces dames. Dix minutes après, M. le Gouverneur et ses deux filles aînées arrivent, après les premiers compliments, la musique joue et la première valse commence. Aussitôt 60 danseuses et autant de cavaliers se mettent sur les rangs, mais les commissaires ne laissent danser que huit ou dix couples à la fois, lesquels après avoir fait deux tours dans le salon, sortent par le corridor où se tient la musique, rentrent dans un autre salon et attendent patiemment que leur tour revienne, ce qui arrive tout au plus deux fois dans une danse. Mais qu'y faire, il faut supporter les désagréments d'un grand bal, puisque nous jouissons de la beauté du coup d’œil...//...

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Sidonie est Observatrice

dans une promenade qu'elle effectue à Albertville et à Conflans

Jeudi 27 février 1862.

Mariage d'Éloi Serand

« Nous montons nous promener à Conflans. C'est toujours la vieille et triste ville, avec ses crétins, ses soldats, ses châteaux en ruine, son église, sa chaire magnifique comme sculpture antique et sa place d'où l'on découvre un panorama superbe. Nous restons longtemps en admiration devant cette vallée qui s'ouvre devant nous jusqu'à la France et nous cherchons dans le lointain vaporeux, le wagon qui doit emmener nos époux. Nous redescendons ensuite à Albertville et nous entrons dans l'église des capucins en passant près d'elle. Puis, nous faisons le tour extérieur des prisons et nous rentrons chez Donnet après avoir à peu près tout vu. »

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Sidonie est Torturée

par les influences qui s'exercent autour d'elle pour capter son âme et lui faire prendre le voile

Jeudi 28 novembre 1861.

« Je me rends à l'invitation de sœur Saint-François malgré le mauvais temps et elle me reçoit avec une grâce enchanteresse, puis elle me conduit chez M. Sucillon, lequel se surpasse en accueil aimable et en renouvellement d'anciens témoignages d'affection pour moi. Je reste longtemps seule avec lui et nous parlons de choses intimes et sérieuses, je retrouve en lui la même bonté pour moi, le même dévouement, le même intérêt pour tout ce qui me touche, quoiqu'il y ait déjà plusieurs années que je ne suis pas allée le voir. Je sors cependant d'auprès de lui dans un grand trouble, car je suis à la veille d'une décision bien pénible pour moi, et ma volonté plie et se débat devant le sacrifice. Sœur Saint-François revient me prendre pour me conduire auprès de Mère Flavie, là encore je reçois des propositions flatteuses et mon cœur se serre à l'idée d'une séparation avec mes bons parents. De retour auprès de Fanny, je lui confie mes chagrins, elle est si raisonnable et si bonne, ses conseils me rendent un peu de calme, mais la gaieté est loin de moi pour toujours peut-être. »

//...

« Les propos légers et superficiels, les compliments fades et surannés, les gestes étudiés succèdent sans transition à la causerie instructive que je viens de laisser, mais 10 heures mettent un terme à cette journée si pleine pour moi d'émotions diverses et en me couchant, je me retrouve seule avec moi-même, avec mes indécisions, mes terreurs et mes larmes. »

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Sidonie est Mystique

dans le calme de ses parcours en montagne

Mercredi 14 juillet 1858.

« Une petite grotte en se présentant à nos regards vint nous fortifier dans nos idées de retraite. Mon Dieu que la vie s'écoulerait douce et paisible, ici ! Il semble que les illusions se flétriraient moins vite, et que l'on se rapprocherait plus facilement du ciel. »

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Sidonie est Moqueuse

de la condescendance des Français envers les Savoyards

Lundi 25 juillet 1859.

« … Nous leur offrons le café, et tout en causant, nous nous apercevons que Mr Noël prend des airs de français infaillible et superbe, avec ceux qu'il croit être de pauvres savoyards n'ayant jamais rien vu que leurs montagnes et leurs marmottes. Après leur départ, nous restons longtemps sans pouvoir parler, tellement nous sommes frappés, non pas d'étonnement, mais d'une hilarité que rien ne peut peindre. Peu à peu, cependant nous reprenons nos sens, et les remarques que nous nous communiquons, ne contribuent pas peu à entretenir notre gaieté folle. Que les Français apprennent par ce terrible exemple, à ne pas venir blaguer dans nos montagnes, car là aussi, il y a des gens qui ont plus de bon sens qu'eux. »

de la religion qui rend les dimanches tristes

« Dimanche 9 décembre 1860.

Il y pleut averse et c'est dimanche, double calamité. Nous nous levons de bon matin pour aller à la petite messe où nous nous faisons conduire toutes les quatre et nous revenons nous enfermer dans la chambre, où notre pauvre fourneau fait toute notre consolation.

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Sidonie est Critique

de la vie mondaine et superficielle des Talloiriens

Dimanche 26 octobre 1862.

« Quant à moi, j'ai demandé grâce pour la promenade et je l'ai obtenue non sans peine ; je suis restée seule à lire sur le balcon, préférant cent fois le modeste Angon au pompeux Talloires, tout farci de parisiens, de Lyonnais et de dames de toutes sortes. »

de la suffisance des Favergiens

Mercredi 4 février 1863.

« Nous lisons en travaillant notre Gentilhomme Campagnard et nous reconnaissons dans l'histoire du petit bourg de Châteaugiron, les misères, les coteries, les médisances du petit bourg de Faverges. »

ou de leur esprit de médisance

Jeudi 29 septembre 1859.

« Chacun alors s'est arrangé de manière à passer son temps le plus agréablement possible ; les uns nonchalamment étendus au soleil et sur la mousse, les autres fumant leurs cigares, d'autres enfin causant gaiement en regardant Faverges et ses environs, ce piètre pays, ou comme le dit Alphonse Karr, la réunion de deux femmes n'est qu'un complot contre une troisième. »

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Sidonie est Généreuse

par les remarques gracieuses sur ses connaissances

Dimanche 26 octobre 1862.

« Après-midi, Maman et mes sœurs vont à Talloires faire quelques visites ; Mme Delesmillières et Mme Moret les reçoivent très gracieusement, puis Mme Duroz et son auréole de neveux ont leur seconde visite dans laquelle il est de rigueur de s'embrasser deux fois et de trinquer avec de la liqueur. L'étiquette de Thônes l'exige ainsi, mais Mme Duroz y met tant de bonté et de bonne grâce, que tout le ridicule disparaît. »

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Sidonie est Capricieuse

« Vendredi 19 avril 1861.

À 6 heures, malgré mes instances, on m'emmène à la promenade de famille, après m'avoir prodigué les épithètes de vieille fille, de capricieuse, de solitaire, etc. etc. Nous allons à la fontaine et nous revenons par Madrid, la prière à l'église termine cette divertissante sortie et nous soupons par là-dessus... »

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Sidonie est Ironique

Jeudi 27 novembre 1862.

« Elle passe donc la journée avec nous, nous lisons encore, nous causons tout en travaillant et grâce à nos ressources personnelles, nous nous suffisons, je dirai même que nous passons des moments agréables. »

Jeudi 1er janvier 1863.

« Voilà donc encore une année écoulée et une autre qui a recommencé pendant notre sommeil, sans que nous nous en soyons aperçues autrement que par les graves réflexions que cela nous suggère. »

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Sidonie est Morose

quand elle songe à son avenir

Samedi 8 juin 1861.

« La tante n'est pas plus mal, mais elle s'obstine à vouloir mourir, elle a bien raison. Que faisons-nous de si agréable en ce monde pour lui être si attaché ?

 

Samedi 3 août 1861.

« Mais bientôt, cet ennui si profond, si réel, reprend le dessus, et l'âme qui a été si profondément blessée, ne se relève jamais. »

« Ah ! Si le chagrin pouvait tuer aussi vite qu'on le désire, il nous épargnerait une longue agonie. »

« Ah ! Que j'aime encore mieux ma profonde solitude,  »

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Sidonie est Chagrine

au début de l'année qui devait être pour elle la dernière

Lundi 30 mars 1863.

« Comme on l'a décidé hier, le départ a lieu à 9 heures et nous nous trouvons seules, mes sœurs et moi avec Joséphine. J'écris un peu pour changer, mais pour dire la vérité, je ne fais pas grand-chose.

Que la semaine sainte est triste quand on est malade, on ne peut pas suivre les offices, et il y a je-ne-sais-quoi dans l'air qui assombrit. »

Mardi 31 mars 1863.

« Je ne parlerai plus de mes matinées, puisque je me lève à midi, et que je les emploie à me faire du lard, lequel au lieu d'augmenter s'obstine à diminuer visiblement.

Annette nous fait de bonnes visites, et apporte même des douceurs à la pauvre gourmande malade. Mme Guigoz, providence des malades, m'apporte aussi un bon sirop qui me ravigote un peu en me sortant de ces détestables tisanes. »

Mercredi 15 avril 1863.

« C'est le jour des visites ; elle commence par Franceline Chambaz qui vient me voir à 7 heures du matin, mais elle s'en retourne bientôt, ses enfants la réclament.

M. Calligé vient ensuite et ordonne une bouteille de café noir bien amer avec de la quinine pour la nuit et la matinée prochaine. Annette vient après et je me lève de bonne heure, me sentant assez bien. Mme Blanc monte tout essoufflée pour prendre de mes nouvelles et me donner des conseils pour guérir. À peine est-elle loin que Mme Domenge de Sollier vient nous voir et dîne avec nous. Au café, nous avons l'arrivée de M. Bernaz et de M. Perroux. Celui-ci nous quitte à 1 heure ½ et M. Bernaz repart par le bateau de 3 heures. Mme Fallion qui a aussi entendu dire que j'étais malade, vient nous voir, elle arrive de Contamines et nous donne des nouvelles du cousin Serand du Plot. En partant, Mme Fallion trouve à la porte Mmes Comte et Châtelain qui, elles aussi viennent dans cette malheureuse cuisine où nous sommes toujours, tandis que notre petit salon que nous avions bien approprié, est toujours seul. Ces dames restent assez longtemps, et ont la bonté de me témoigner beaucoup d'intérêt. Fanny Serand qui arrive d'Annecy pour la noce de demain, vient encore augmenter le nombre de nos agréables visites d'aujourd'hui. À la nuit, M. Démaison vient aussi faire une visite à la malade, et étant bien fatiguée, je me couche à 8 heures. »

Jeudi 16 avril.

« Ces dames, mes sœurs, Annette, tout ce qui reste enfin, va faire une promenade et moi je reste avec ma fièvre qui me reprend de plus belle.

Papa me lit une jolie lettre de l'oncle Maurice qui m'invite à aller me guérir auprès d'eux. Mais que faire en voyage d'une pauvre fiévreuse qui ne peut et ne sait déjà plus écrire.

M. Calligé fait une visite à la nuit et ne sait que m'ordonner un vésicatoire sur la poitrine. Je demande encore un répit, et je l'obtiens. »

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En souscription jusqu'à la fin du mois.

L'ouvrage de plus de 700 pages sera édité en UN ou DEUX volumes au format A4.

Disponible au prix de souscription de 40 euros, par retour du bon de souscription ci-dessous.

Souscrire avant la fin du mois

en remplissant

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le Bon de souscription

 Le Bon est disponible dans les grandes surfaces de Faverges et à la mairie de Talloires

Il est possible aussi de l'imprimer. 

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7 août 2018 2 07 /08 /août /2018 04:30

Sur le site n°6 de la plaine de Mercier : "ENTRAMADA"

 

"Du Saint-Ruph à l'Eau-morte"

"Comment se sont constitués la plaine et le lac d'Annecy depuis la dernière glaciation jusqu'à nos jours"

Exposé présenté par Bernard PAJANI, historien et écrivain local, qui vous guidera parmi les Sources du lac d'Annecy, sur la plaine de Mercier, ce jeudi après-midi 26 juillet, de 15 heures à 17 heures, près de la cabane n°6, "Entramada".

Il y a 10 à 14.000 ans, les glaciers d'environ 1300 à 1500 mètres d'épaisseur recouvraient les Alpes et descendaient jusqu'à la mer Méditerranée, en creusant les vallées et érodant les parois des montagnes...

 

 

 

Pour en savoir plus, et surtout comment s'est construite la vallée de Faverges qui aboutit au lac d'Annecy,

 rendez-vous Jeudi après-midi à la cabane n°6 

 de la plaine de Mercier,

 au bord du Saint-Ruph - Eau morte

 dès 15 heures. 

À la cabane n°6, le jeudi 12 juillet 2018

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La journée du 27 juillet  a été fructueuse pour les visiteurs malgré la chaleur étouffante puisqu'ils ont pu apprécier l'exposé du Président en découvrant

- le festival des cabanes 2018

- le torrent de Saint-Ruph qui dévale la pente du vallon éponyme à plus de 13 %

- l'Eau-morte qui prend sa suite en devenant plus calme et même "à sec" en ces jours de canicule

- la vallée de Faverges qui hébergeait à une époque indéterminée le lac d'Annecy

- la présence d'un glacier de près de 1500 mètres d'épaisseur sur nos têtes il y a plus de 14.000 ans avant notre présent

- un fond de vallée qui plongeait à cette époque à moins de 80 mètres sous nos pieds

- le comblement de la vallée par les apports d'alluvions, galets, pierres, roches et sables laissés sur place par les rivières et ruisseaux alentours...

 

 

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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 11:52

Le président d'Histoire et Patrimoine des Sources du lac d'Annecy communique la prochaine sortie de l'ouvrage qui ne sera disponible qu'en souscription (ne sera pas vendu dans le commerce)

"Le Journal d'une jeune Bourgeoise (1849-1863) "

Sidonie Serand (1836-1863)

Cousine d'Éloi SERAND et de ses fils François, Joseph et Jules-Numa

en deux volumes comprenant plus de 600 750 pages.

Ouvrage augmenté par une étude de son caractère et de la généalogie ascendante de Sidonie et de la généalogie descendante de son ancêtre Anthoine Serand .

édition limitée au nombre de souscripteurs : 30,00 € 40,00€  avant le 27 août 2018.

La généalogie de la famille SERAND fera l'objet d'un tiré à part qui sera offert gratuitement.

(disponible à partir du 21 octobre 2018 lors du 40e anniversaire du Club à Faverges)

Imprimer le bon de Souscription

1er extrait :

Sidonie est "espiègle"

en racontant son premier voyage en chemin de fer

« Vevey se présente ensuite à nos regards, puis Chillon et enfin Villeneuve où nous descendons. Nous allons de suite à la gare, mais il est 2 heures, et le train n'arrive qu'à 3 heures ½. Nous employons donc notre temps à visiter la ville qui n'est rien moins que neuve et jolie, et à attendre dans le salon qui est bien confortable. Bientôt des dames, des messieurs allemands arrivent, et le wagon étant là, on nous ouvre les portes et chacun se précipite à la place qui lui est assignée. Nous sommes seules et bien à l'aise car les coussins sont très bons. Peu à peu, le wagon se met en route, et nous voilà pour la première fois lancées en chemin de fer. Ce mode de locomotion nous plaît beaucoup, et nous nous amusons à voir les hommes, les maisons et les arbres fuir comme dans une danse fantastique. »

2e extrait :

Sidonie est "malicieuse"

en décrivant la visite que firent à Talloires Napoléon III et l'Impératrice Eugénie

« Tout le monde alors se précipite sur d'autres bateaux pour suivre leurs Majestés, nous allons dans celui de Bosson où nous sommes bien une trentaine ; je distingue entre autres la famille Neyret, les dames Cloppet Bachollet, Girard, leurs maris, Chapelain, etc. Nous nous dirigeons sur Duingt, où l'Empereur est attendu au château ; M. Ruphy a fait des préparatifs depuis 15 jours et il a réuni la haute société de Faverges et d'Annecy pour recevoir ces illustres promeneurs. Nous trouvons entre autres Aspasie et sa famille, M. de Villette et la sienne, Mme Blanc Jules, etc. les demoiselles Ruphy en robes blanches et en coiffures, des bouquets à la main, des compliments sur les lèvres attendent le moment solennel avec une religieuse impatience. Mais pendant que nous admirons tous les préparatifs depuis notre modeste bateau, dans lequel cette noble compagnie daigne à peine nous jeter un regard, leurs yeux tournés sans cesse vers le couchant, croit avoir le vertige en voyant disparaître au contour de Chère le bateau impérial et sa précieuse cargaison. Mais il fallut bien se rendre à l'évidence et mettre sa mauvaise humeur dans sa poche, quand ils virent les voitures remonter tranquillement et reprendre la route d'Annecy, où leur Majestés contre toutes les lois de la politesse se rendaient sans avoir fait leur révérence à Mmes Dalmais, de Villette, Duport, etc. etc.

Quand le désappointement fut consommé et que le malheur fut bien réel, nous débarquâmes à Duingt un instant ; plus heureux que les musiciens de Faverges qui avait attendu à moitié lac dans une barque, en jouant leurs airs les plus séduisants, plus heureux aussi que les illustres vexés du château, qui s'étaient drapés dans leur majestueuse attente, nous avions vu l'Empereur et l'Impératrice et nous pouvions à l'instar du vieillard Siméon, mourir contents et satisfaits. »

3e extrait :

Sidonie est "poète"

au cours d'une ascension de la Tournette

« L'ascension se fait sans accident grâce à M. Delesmillières qui me prête de temps en temps le secours de sa main. Nous voyons au sommet cette fameuse pierre dont on parle tant, jetée en travers sur deux pointes de roc, et qui sert de pont pour arriver sur le Fauteuil. Nous la traversons également sans malheur, et nous voilà planant sur la Savoie, la Suisse et la France. L'immensité saisit en arrivant si haut. Notre premier mouvement est de nous asseoir en fumant un cigare et en buvant la goutte. Le soleil était déjà levé avant notre arrivée, c'est dommage, nous avons perdu un spectacle magnifique, mais nous nous contentons bien de ce qui nous reste. Il est 5 heures et demie. Nous sommes quatre, M. Bigex, Delesmillières, Bosson et moi qui attendons avec inquiétude l'arrivée des autres que nous avons laissés dans de périlleux paysages. Enfin à 6 heures, nous les voyons monter un à un sur la dernière pierre ; .../...

.../... Un brouillard nous dérobe la plaine du Dauphiné, Lyon et la France, et s'étend bien loin à l'horizon, comme une ceinture vaporeuse ; mais il est si beau par lui-même que nous ne regrettons pas le peu qu'il nous cache. Le lac de Genève calme et limpide, réfléchit les délicieux coteaux du canton de Vaud, de jolies barques glissent sur sa surface. Les montagnes de la Suisse, le Grand Saint-Bernard, les Alpes, le mont Blanc qui porte si haut son front couvert de neiges éternelles.../...

.../... Aussi regardons-nous à peine Annecy, Talloires, Thônes, etc.etc. s'étendant gracieusement aux pieds de notre immense piédestal ; les chaînes de montagnes qui nous entourent fixent nos regards. La matinée est si belle, il fait si bon ici, qu'il semble presque que le jour ait été fait exprès pour nous ; nous n'éprouvons pas même le besoin de mettre nos châles. Les uns dorment pour se reposer, les autres regardent, causent ou méditent.../...

.../... Nous trouvons beaucoup de noms gravés dans la pierre, plusieurs ont été effacés par la foudre ; nous ne mettons pas les nôtres, le souvenir que nous emportons de la Tournette nous suffit.../...

.../... Au pied du Fauteuil, nous trouvons de la neige glacée dont nous nous régalons ; puis nous descendons, toujours avec l'aide de nos précieux conducteurs, la multitude de mauvais pas que nous avons déjà gravis en montant. »

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D'autres passionnés, membres de "l'Association-2018" au siège social situé 276, route des vignes à 74290 TALLOIRES-MONTMIN  <asso-2018@orange.fr>

viennent d'éditer deux ouvrages :

- le Coutumier de l'Insigne Prieuré de Talloires, journal de bord des moines de l'Abbaye. Entièrement traduit en latin par Jean-Loup Berthez et Nicole Mathis, "deux habitants d'Angon imbibés d'histoire et d'environnement locaux", il décrit en 124 articles -datés de 1568- les règles que doivent suivre le Révérend Seigneur Prieur, les Seigneurs Religieux et autres prébendés, ainsi que les Officiers de l'Insigne Prieuré Conventuel de la Bienheureuse Vierge Marie de Talloires, de l'Ordre de saint-Benoît, du diocèse de Genève.

- Le Gerbier

En un seul recueil, les 35 passionnants exemplaires, aujourd'hui introuvables, de la publication bimestrielle (années 1980-1985) de Christiane BOEKHOLT, qui retraçaient de façon très documentée, anecdotes comprises, la grande et la petite Histoire de Talloires.
Cette publication est augmentée d'inédits de Christiane BOEKHOLT.

 

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Un grand colloque sur le thème du Millénaire

À l'occasion, de la commémoration du millénaire de l'Abbaye de Talloires, l'Académie Salésienne organise le 22 septembre prochain

un grand colloque sur le thème.

Vous trouverez, grâce au lien ci-dessous, toutes les informations relatives à cet important événement culturel et historique, qui se tiendra à Talloires même : bulletin d'inscription, programme, informations pratiques...

Inscrivez-vous dès maintenant  :

http://academie.salesienne.free.fr/articles/view.php?id=62

 

La presse locale s'est faite l'écho de la sortie de ces deux derniers ouvrages.

 

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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 19:19

Pour les personnes non inscrites sur mon blog personnel http://pajani.bernard.over-blog.com et qui par conséquent n'ont pas eu accès à l'article concernant notre ancien maire Simon Pierre Henri Joseph Berger, dit "Loulou" dans le cercle familial,

voici le lien pour l'obtenir http://pajani.bernard.over-blog.com/2018/04/louis-berger-maire-de-faverges.html

Vous y apprendrez que personne n'est à l'abri d'une méconnaissance de notre patrimoine, surtout quand celui-ci a subi des mélanges manifestes que nous nous chargeons depuis quelques années à démonter et démontrer, pour avoir une idée claire de la façon dont nos ancêtres - les Favergiens qui nous ont précédés - ont forgé la vie locale.

Si vos pas vous mènent près du chantier de la future maison médicale, n'oubliez pas d'analyser les fouilles actuelles qui sont entreprises par la société Caretta, consistant en l'excavation de nombreux matériaux qui permettront l'élévation du parking souterrain.

Comme j'ai déjà eu l'occasion de l'indiquer lors des quatre conférences que j'ai données sur "L'histoire industrielle du Bassin Favergien", dont les prémices remontent à sa période artisanale, l'origine de Faverges est due à l'EAU qui a permis l'installation de nombreux artifices sur le cours du Biel qui traverse la ville, provenant de la Barme du boulodrome, et du Saint-Ruph qui devient l'Eau morte.

Depuis la fin de la dernière ère glaciaire - la précédente ayant fait disparaître toute trace humaine dans la vallée - soit dès 14.000 ans avant nos jours, le torrent de Saint-Ruph et celui de Monthoux ont joué un rôle prépondérant dans l'installation d'une bourgade dénommée Casuaria - signifiant "près de la Chaise" - dans la vallée, en bordure de la moraine latérale gauche.

Plus tardivement, après les invasions alamanes du IIIe siècle, la ville disparaît abandonnée par ses habitants - qui ne reviennent pas chercher leurs trésors bien qu'ils ne meurent pas sur place - aux intempéries et aux inondations fréquentes et imposantes des deux torrents qui se déversent dans le lac d'Annecy. La ville abandonnée de Casuaria finit par disparaître sous les alluvions de cailloux, galets, pierres, rochers, sables ... que l'on retrouve dans les 80 mètres d'épaisseur qui ont comblé la plaine alluviale.

.Alors, "si vos pas vous mènent près de la future maison médicale, n'oubliez pas d'observer" les cailloux, galets, pierres, roches et sables sur une épaisseur imposante sous lesquels l'ancien CASUARIA pourrait être découvert, dans un futur proche... (histoire à suivre, en fonction des événements, et des fouilles suffisamment profondes)

En attendant, venez faire connaissance avec nos activités durant ce mois de MAI 2018, salle 101 de la Maison des Associations de Faverges, aux heures et jours d'ouverture indiqués dans le tableau ci-dessous :

En ce début du mois de mai 2018, la profondeur de l'excavation commence à être évidente puisqu'elle atteint déjà une profondeur de 3,50 mètres ...

 

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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 20:01

Les Familles FARCY de Faucemagne en 1561

Faucemagne (du latin "Fossa magna" qui veut dire "la grande fosse" ou encore "le grand fossé") a été le refuge de l'ermite Rodolphe (ou Ruph), frère de Germain de Talloires, au fond duquel il se retira.

Au Moyen Âge, le comte de Savoie y fit installer des groupes familiaux dépendant des moines du prieuré de Talloires pour exploiter les possibilités agricoles de la moyenne montagne.

En ce milieu du XVIe siècle, on trouve 4 feux (soit 4 foyers) comprenant de 3 à 8 individus pour une population totale de 26 personnes dont 6 de moins de cinq ans.

Les patronymes sont SYRE (7 + 1 enfant mineur de 5 ans), FARCY (3 + 3), PERREAR (3 adultes) et DELEENS GERMANET (7 + 2).

Le lieu est devenu le vallon de Saint-Ruph duquel surgit le torrent du même nom. Il ne comporte plus que des ruines de soubassements de quelques masures, ainsi que des pierres de l'ancien « prieuré », sans aucun doute rien moins qu'une simple chapelle à l'époque de l'ermite.

 

Le foyer d'Allexandre SYRE comporte 7 personnes :

  • lui-même

  • Rolette sa femme

  • Anthoine

  • Françoys

  • La Donarde

  • La Charle, ses enfantz

  • ung serviteur

    • trois vaches – six chièvres – sept brebis

1561_FARCY---SYRE--48-.JPG

 

Le foyer de Jehan filz de feu Loys FARCY comporte 3 personnes :

  • lui-même

  • la Guillermine sa femme

  • Michiel leur filz

    • deux vaches – une chièvre – quattre brebis

1561 Gabelle DSCN4843 inverse FARCY

Enfants mineurs de Faucemagne

 

Les enfants mineurs du hameau de Foucemagnie sont :

Chez Allexandre SYRE :

  • Pierre mineur de 5 ans

Chez Jehan FARCY :

  • Janne

  • L'Aymé

  • Mauris

Chez François DELEENS :

  • Pierre

  • Anthoine

1561 Enfants mineurs de Faucemagne (119 inverse)

 

Note : Les SYRE sont des FARCY car ils sont dits parfois SYRE dit FARCY (naissance d'un Jean SIRE dit FARCY en 1622 à Faucemagne, fils de Jean François et Anthoine CHAPPELAIN)

 

Les photos ont été réalisées par le président, à partir des microfilms des Mormons, déposés aux Archives départementales de Haute-Savoie.

Rappel : Toute utilisation des informations paraissant sur ce blog est soumise à autorisation écrite de la part de l'éditeur et, ensuite, de la mention de référence "in phila.faverges74.over-blog.com du Cercle Généalogique Favergien"

***************************************

Amusement : VIE DE SAINT RUPH

La naissance de Saint Ruph ne fut précédée d'aucun prodige, nul sillage de comète dans le ciel moyenâgeux, nulle aurore boréale sur les montagnes de Savoie tapies sous la neige.

Sa mère, Catherine, femme simple, était seule à sa naissance, seule mais quand même assistée par deux ou trois de ces bonnes femmes nommées chamailleuses parce qu'elles n'étaient jamais d'accord entre elles, censées aider les parturientes dans leur lent travail. L'enfant vint au monde presque mort, si l'on en croit les récits de sa naissance, au sujet de laquelle les chamailleuses pour une fois étaient d'accord : l'enfant bleu, le souffle coupé par le cordon, ne vivrait pas. Elles firent de leur mieux quand même, enveloppèrent l'enfant, quand un son rauque, faible, sortant de la petite gorge : ruf ! entre éternuement et aboiement, le ramena aux couleurs plus rose de la vie.

La mère épuisée, dit alors laconique : Ruf ! Alors, ce sera Ruph, ce fils, comme mon père. Puis, épuisée d'être allée chercher si loin une idée, se tourna du côté du mur et s'endormit, confiant l'enfant aux soins disputailleurs des chamailleuses. Elles envoyèrent quérir le prêtre en toute urgence : si cet enfant allait passer sans Dieu, ce serait un grand malheur, pensaient elles avec ensemble.

Ruph venait au monde dixième de sa fratrie, sixième de sa survivance. Il vécut, eut une enfance débraillée, peu de vêtements, peu d'affection. (Catherine eut encore après lui dix autres enfants, trois survécurent). Une vie de chien, comme il l'avait pressentie à son premier souffle. Il devint grandelet, et dès l'âge de sept ans, ses parents le sommèrent de travailler, comme il était normal en ces temps pauvres. Il se fit turlupineur, un vieux métier dont le sens ne nous est resté que dans l'adjectif turlupiné – être turlupiné par quelque chose, être la proie d'un doute – mais de ce dont il s'agissait, nous n'en savons plus rien, montreur de marmottes – il en éleva plusieurs, de ces grasses à lard, mais l'hiver, les bêtes dormaient, c'était un métier d'été – peloteur d'ours – il y avait encore beaucoup d'ours, à cette époque – monteur d'échasses pour garder des moutons, operculateur de cellules d'abeilles, un petit métier, réputé piquant, coupeur de poils de loup en quatre au débit de boissons, et il en abusait, ce qui donnait lieu à des bagarres, repriseur de soutanes – un métier qu'il se payait en vin de messe et pains d'hostie dérobés – soudeur de bouts de chandelles. Le plus souvent ne faisant rien, vivant de maraudes, de fruits aigres – il avait la colique chaque automne de ces petites poires vertes ou rouges dites d'Ugine qu'on ne trouve plus guère aujourd'hui – de noix, de noisettes. Il volait aux écureuils leurs glands, s'en faisant, une fois grillés, une décoction qui ressemblait de loin au café, sauf que le café était encore inconnu. C'était un rabatteur de moutons apprécié. Son cri : Ruf ! Ruf ! les laissant croire au chien, les faisait se regrouper.

Un jour qu'une châtaigne récoltée dans la bagarre lui eût mis le visage au sang – il ne pouvait quand même pas rentrer ainsi chez mère Catherine – il courut dans un vallon se laver près d'une source claire. Levant les yeux, encore défait, la Vierge en manteau bleu lui apparut. Bonne Dame, cria-t-il, et il se signa céans avant de déguerpir.

- "Tu reviendras ici à la fin de ta vie" entendit-il dans son dos lui prédire la Dame en bleu.

Ruph n'en croyait fichtre rien, étant impie dans le fond de son coeur, mais il crut bon d'aller tout raconter de sa vision à Catherine.

- "Eh mon Dieu ! Eh mon Dieu !, se mit-elle à crier par toute la maison comme s'il fût arrivé un grand malheur. Voilà que cet enfant m'a vu la Vierge !

Et dans ce "m'a vu la Vierge ", on sentait bien qu'elle seule croyait au miracle. Catherine n'était pas discrète, peu taiseuse, elle raconta l'histoire autour d'elle, et bientôt, toute la contrée se la raconta. Le curé se déplaça, retroussant sa soutane pour franchir les creux encore enneigés, mais du tête à tête qu'il eut avec Ruph ne tira pas grand chose.

Alors, Catherine considéra ce dixième né d'un autre oeil. Elle lui prépara des herbes pour ses tisanes quand il revenait crotté des alpages, lui portait parfois un bout de bois de son feu près de sa paillasse, pour que sa maigre chaleur le réchauffe la nuit, un peu d'eau tiédie pour qu'il consente à se débarbouiller. Elle se mit à le gâter, ce qui n'était pas du goût de ses frères et soeurs. Mais pour elle, qu'un saint puisse naître de son sein était une telle distinction, qu'elle devint elle même bonne pour les autres. Mère d'un futur saint, il fallait qu'elle donne désormais son avis pour des couches difficiles au milieu des avis contraires des chamailleuses, qui la faisaient appeler ; pour un enfant récalcitrant, pour des maladies. Elle s'imposa comme guérisseuse de tous poux, les mouches la fuyaient. Catherine devint Dame Catherine, devint devin de village.

Ce qui commençait à l'inquiéter, c'était que son Ruph ne semblait pas avoir changé sa vie, lui. Il n'avait jamais revu la Vierge malgré les demandes réitérées de sa mère de retourner à la source miraculeuse, il devenait taiseux en grandissant, et ce silence ennuyait beaucoup Dame Catherine. "Car où en était-il dans sa vie", voilà ce qu'elle se demandait. Sans réponse.

Il se mit à tourmenter les filles, ce qui était bien de son âge, mais Dame Catherine ne voyait pas cela d'un bon oeil, la sainteté s'accommodait mal, selon elle, de l'état conjugal. De fait, il se maria vers ses seize ans, et sa femme eut, comme sa mère en son temps, enfant sur enfant sur enfant. Il dut pour les nourrir continuer sa vie de soudeur de soutanes par les deux bouts, de montreur d'échasses dans les foires, de coupeur de bouts de chandelle en quatre, d'operculateur de trous de marmottes, de peloteur d'abeilles. Il aimait toujours courir les bois, toujours à l'affût d'un autre jupon que celui de sa femme, un vrai trousse-montagnes. Et de Vierge, bernique, il n'en fut plus question que dans le souvenir que sa mère en gardait, souvenir qu'elle répandait encore souvent les soirs de veillées passés à teiller le chanvre ou à casser des noix avec les voisins. Puis Dame Catherine mourut, très honorée, mais en grand chagrin pour n'avoir pas vu son Ruph béni par une nouvelle apparition. Ruph mourut peu après, d'une maladie pestilentielle, qui lui monta depuis les talons jusqu'à la tête. Il ne mourut donc pas en odeur de sainteté quand il rendit son dernier soupir, un son étouffé, ruf ! que personne ne perçut, à part deux de ses derniers fils qui jouaient là et qui se le répétèrent : ruf ! ruf ! jusqu'à ce qu'une chamailleuse, en passant par là, leur administrasse une ou deux taloches.

Ruph, sa mort fut sans gloire, sa mort, un dernier souffle,banal comme toute sa chienne de vie vouée à la misère.

- Alors donc, dites-moi, Saint Ruph, Saint Ruph n'existe pas, n'est qu'une légende ?

Ruph en réalité ne fut saint qu'après sa mort, quelques mois plus tard, lorsque deux enfants, passant près de la source où la Vierge était une fois apparue, entendirent appeler dans les buissons : Ruf ! Ruf ! Comme un feulement, un jappement enroué. Les enfants prenant leurs jambes à leur cou, croyant à une portée de louveteaux, racontèrent leur affaire à leurs parents. On se souvenait encore au village des racontars de Dame Catherine, et on se mit à croire, tout de go, que Ruph était revenu comme la Vierge l'avait prédit en son temps. Le lieu porte désormais le nom de Source de la Vierge , et le vallon et la forêt qui s'y trouve, celui de Saint Ruph.

- Or donc, il n'y a pas de Saint Ruph, rien qu'un chuchotement dans les branches, du vent...

Ma foi, certainement que Ruph n'a jamais été ce saint dont on parle dans les lieux qui portent son nom. Cet homme, qui manquait juste un peu de souffle pour mener une vie glorieuse, ce pauvre bougre mort jeune encore, ne ressemble-t-il pas à tout un chacun ; sa vie, ce bref passage sans gloire entre deux éternuements, à chacune des nôtres ?

- Nous pourrions tous passer pour saints, nous aussi, par quelque miracle, aussi petit fût-il, dans nos courtes vies, illumination de soleil entre les nuages un jour de pluie tenace, rencontre avec un animal d'ordinaire invisible...Hé, pourquoi pas !

C.B. 10 août 2006 (trouvé sur over-blog.com)

 

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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 10:00

Nos activités se continuent durant le mois d'avril selon le calendrier suivant :

 

L'équipe des généalogistes de Saint-Ferréol, Martine, Hélène, Mathilde, Andrée, Georges et Bernard a terminé le relevé de l'ensemble des Contrats de mariage et Testaments du Tabellion ancien de 1697 à 1793, soit 9 registres de Cm et 4 registres de TTT.

Ce long travail de bénédictin et bénédictines entrepris depuis dix années a permis de réaliser l'inventaire de plus de 8000 Contrats de Mariage et près de 5000 testaments. L'ensemble remplace les registres paroissiaux disparus et complète les actes ne donnant pas les filiations des époux. De plus, les premiers donnent des renseignements intéressants sur la fortune de nos ancêtres - le montant de la dot peut varier de "ses biens, noms et actions" à plusieurs milliers de Florins ou de Livres -, les seconds indiquent le nom des "héritiers universels et généraux".

L'équipe entreprend actuellement une relecture des 37 registres de répertoires afin de corriger les erreurs inévitables.

De plus, elle procède au relevé d'actes particuliers, tels que les "titres cléricaux", les "prix faits", les "réparations d'édifices", et cœtera.

 

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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 16:45

« Savoir d'où l'on vient pour savoir où aller ! »,

telle est la devise de l'association d'Histoire et Patrimoine des Sources du Lac d'Annecy qui œuvre pour la défense du sens historique de son titre, à l'adresse de tous les habitants.

En ces temps très difficiles pour l'avenir des écoles de hameaux de Faverges, il est plus que nécessaire de plonger dans l'histoire de ces écoles à classe unique qui ont fait que nos concitoyens ne sont pas devenus moins avides de connaissance ni plus ignares que ceux qui ont usé leur culotte sur les bancs des cours complémentaires.

Revenons à la construction de nos écoles

L’instruction publique à Faverges comprenait au milieu du 19e siècle, six écoles et une salle d’asile : une dans chacun des quatre hameaux de Viuz, Vesonne, Glaise et Frontenex confiée à un laïc et trois au chef-lieu dirigées par des instituteurs et des institutrices congréganistes.

À Viuz, l'instituteur perçoit un traitement annuel de 600 F en 1864 (le secrétaire de mairie, quant à lui, perçoit 1400 F). À Frontenex, l'institutrice est payée à l'aide d'une allocation communale de 200 F, une rétribution des parents de 100 F et une subvention de l'État de 100 F ( soit 400 F en 1865 ). La classe de Frontenex, située dans le local d'un particulier reçoit 32 enfants mais une douzaine ne la fréquente pas car leurs parents sont trop pauvres pour acquitter leur quote-part du traitement de l'institutrice.

Au chef-lieu, l'école des filles a été fondée par Mme DUPORT, veuve de Jean-Pierre DUPORT fondateur de la Soierie, qui fournit gratuitement le local et paie le traitement de la maîtresse chargée de la classe gratuite 1. « Cette école perçoit encore une rétribution publique, le 11 octobre 1881; c'est la seule du département, avec celle de Saxel, qui soit encore rétribuée ». Sa bibliothèque se compose de 20 volumes donnés par Mmes DUPORT et de MONTHEROT, sa petite-fille. Monsieur le Baron Jules BLANC ayant refusé la subvention offerte par Monsieur le Préfet pour supprimer la rétribution scolaire perçue dans l'école libre des filles, entretenue par lui, contraint celui-ci a intervenir auprès du Conseil municipal qui, en date du 28 décembre 1881, loue un local pour créer "une école élémentaire publique et gratuite pour les filles". L'installation de l’institutrice, Mlle PALLUD, ne se fait pas facilement. « Elle reste de longs mois, seule en tête à tête avec deux ou trois élèves, suspecte à toute une population hostile, isolée, surveillée, et qui sans se décourager a su vaincre tous les obstacles à force de prudence et de zèle, recueillant ses élèves une à une, jusqu'à en recevoir 70 (chiffre du registre matricule) ». 2

Les autres subsides nécessaires au fonctionnement de l'asile de garçons sont une rente perpétuelle de 1600 F et une subvention communale de 700 F. D'autre part, l’instruction publique est aidée par deux rentes supplémentaires d'un montant de 340 F dues par le Marquis de Faverges et Jean Louis ANCILLON.

Avec la loi de laïcisation de l’instruction publique de 1881, le Conseil municipal lance le projet, le 26 octobre 1881, de constructions scolaires et nomme M. MANGE, architecte à Annecy, pour dresser les projets de toutes les constructions : deux écoles au chef-lieu, quatre écoles mixtes dans les hameaux. Le 3 décembre 1881, M. le Ministre de l’instruction Publique et des Cultes approuve la création des Écoles primaires supérieures de garçons et de filles avec un effectif prévu de 40 élèves.

- École primaire élémentaire et École primaire supérieure au chef-lieu soit 6 classes + 6 classes (l'actuelle école du centre ). Son devis définitif a été présenté le 1er février 1883 pour un montant de 165.404,20 F, I'adjudicataire en est Émile Jacquet. Dans le devis, on relève notamment l'achat de 144 tables pour la 1ère école et 84 tables pour la seconde. Les travaux débuteront le 17 juillet 1883 et devront être terminés pour le 14 juillet 1885, ce qui ne sera pas le cas.

- École primaire mixte au hameau de Glaise : elle est projetée avec un devis du 10 mars 1882 d'un montant de 16.131,13 F adjugé à André USEGLIO. Les travaux commenceront le 17 juin 1884. Il est prévu 21 tables.

- École primaire mixte de Frontenex : le Conseil municipal se demande s'il vaut mieux construire l'école à Frontenex ou à Verchères. Malgré les deux pétitions, celle de Verchères-Les Gras-Chambellon avec 48 signatures et celle de Frontenex avec 38 signatures seulement, le choix du conseil se porte sur Frontenex, sans doute du fait de la présence de l'ancienne école en ce lieu. Le devis du 10 mars 1882 s'élève à 17.688,78 F et la construction est adjugée à Jean COMISETTI qui commence les travaux le 17 juillet 1883. Il est prévu 28 tables.

- École primaire mixte de Vesonne : elle est adjugée à Jean FERLA, pour un devis de 17.142,95 F, daté encore du 10 mars 1882. Le nombre de tables est de 24. Les travaux commenceront également le 17 juillet 1883.

- École de garçons de Viuz : elle est adjugée à Jean COMISETTI pour un devis de 16.365,40 F, le 10 mars 1882. Il est prévu 24 tables et les travaux débuteront le 17 juillet 1883.

Malgré la construction des nouveaux bâtiments scolaires, les effectifs ne s'accroissent pas rapidement et même stagnent pendant très longtemps. Aussi, les autorités administratives prennent-elles des mesures pour amoindrir l'influence des écoles congréganistes.

Le 10 janvier 1884, un cours complémentaire de filles est créé ( il permet aux filles ayant eu leur certificat d'études primaires de poursuivre leurs études en vue d'obtenir leur brevet supérieur ) et M. le Préfet de la Haute-Savoie nomme Mlle PALLUD, institutrice méritante, titulaire de ce cours complémentaire.

En 1884, le 29 décembre, selon un rapport de Monsieur l’inspecteur d'Académie à Monsieur le Préfet, il existe toujours une école libre de filles, dirigée par Madame BOCCARD, dite sœur Candide. Cette école comprend 3 classes et 118 élèves réparties en 28 + 45 + 45. L'entassement étant trop important, la directrice est contrainte de procéder au renvoi de 20 élèves selon le volume des salles pour arriver à une répartition de 28 + 37 + 23. Il est à noter que la seule classe qui n'ait pas changé d'effectif était celle de la Directrice qui ne craignait pas de « surcharger » ses collègues.

Création d'une classe enfantine

Le 2 février 1887, l’inspecteur primaire appelle l'attention de Monsieur l’inspecteur d'Académie sur la nécessité absolue d'annexer une classe enfantine à l'école publique de filles de Faverges : « l'effectif des écoles publiques ne s'est pas accru, depuis la laïcisation, dans des proportions très satisfaisantes et comme aurait pu le faire espérer le mérite du personnel qui les dirige. J'ai dû rechercher les causes, et je les ai trouvées...dans le mauvais esprit de la population et la sourde hostilité du clergé... ».

A sa lettre, il joint l'état de situation scolaire où l'on relève le tableau suivant :

 

Nombre des

Nombre de places

 

maîtres

classes

places

élèves

En plus

En moins

Chef-lieu garçons

3

3

180

85

95

-

Chef-lieu Filles

2

2

180

77

103

-

Frontenex

1

1

56

38

18

-

Glaise

1

1

56

34

22

-

Vesonne

1

1

56

58

-

2

Viuz

1

1

56

18

38

-

TOTAL

9

9

584

310

276

2


 

Le conseil municipal dans sa séance du 18 février 1887, fait ressortir qu'il n'en coûtera rien à la Commune puisque le traitement de la directrice est à la charge de l'État, que son logement et l’installation de l'école pourront être effectués dans le groupe scolaire existant. Mais quelques membres font remarquer "que le chef-lieu étant doté déjà d'une école enfantine privée qui suffit à tous les besoins de ce service", ils ne voient pas la nécessité d'en créer une nouvelle qui d'ailleurs ne leur parait point obligatoire. Au vote par bulletin secret, la proposition est rejetée à la majorité de douze voix contre trois.

Par lettre du 29 avril 1887, l'inspecteur primaire renouvelle sa demande de création d'une classe enfantine mixte pour « contrebalancer l'influence de l'école maternelle privée ».

On notera encore que, le 11 septembre 1902, soit 20 ans après les lois de laïcisation des écoles, le conseil municipal, par hostilité contre ces lois, refuse la concession d'un matériel scientifique en faveur du Cours Complémentaire de filles.3

Les écoles de Faverges

Suite à la loi Jules Ferry "du 16 juin 1881 rendant l'enseignement public et gratuit, la commune de Faverges, qui disposait déjà de trois écoles confessionnelles et de quatre écoles de hameaux, décide par délibération du 26 octobre 1881 de procéder à la construction de cinq écoles publiques afin de remplacer les écoles existantes mal commodes. En effet, d'après un rapport de l'inspecteur primaire à l'inspecteur d'académie, les écoles de Faverges sont mal éclairées, petites et mal loties. Les besoins sont pourtant important puisque ce rapport fait état de 1 296 habitants au centre-ville (dont 248 élèves), de 831 habitants pour la section de Viuz (129 élèves), 415 habitants pour la section de Vesonne (53 élèves), 181 habitants pour la section de Glaise (22 élèves) et enfin 450 habitants pour la section de Frontenex (52 élèves).

Une commission mandatée par le conseil municipal est chargée de trouver l'emplacement des futures écoles en tenant compte de la nécessité d'aération du site et de la distance minimum que doivent avoir les écoles avec les débits de boisson et les cimetières. Elle se heurte à une opposition des habitants de Verchères qui proposent deux terrains pour établir l'école dans leur hameau plutôt qu'à Frontenex. Le hameau de Frontenex étant plus important, la commission décide d'y maintenir l'école mais propose un emplacement à la sortie du hameau en direction de Verchères.

Par délibération du 26 janvier 1882, la commune décide d'acheter les terrains pour la construction d'une école primaire (288 élèves) et d'une école primaire supérieure (168 élèves) à l'entrée du centre-ville, d'une école de garçons à Viuz (48 élèves) et de trois écoles mixtes à Vesonne (48 élèves), Glaise (42 élèves) et Frontenex (56 élèves).

Les devis et plans de l'architecte Auguste MANGÉ sont approuvés par délibération du 3 avril 1882.

Enfin, par délibération du 2 février 1883, le conseil adopte les devis relatifs à la construction et à l'achat des terrains pour un total de 246.740,26 francs financés à hauteur de 180.000 francs par l'état et 11.390 francs par les fonds municipaux. Les 55.500 francs restants sont financés par un emprunt sur trente ans.

La construction des écoles commence la même année à l'exception de celle de Glaise qui ne commence qu'en 1884.

1Rapport de Monsieur l'Inspecteur d'Académie, M. Dussous, dans la lettre au préfet du 24 mai 1885. Série 20 carton 572.

2Lettre de monsieur l'Inspecteur d'Académie en date du 3 janvier 1894. Série 1T42

3 Références : Archives départementales Série 20 carton 572 -Série 1 T carton 42

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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 09:39

Dans notre petite cité des Sources du Lac d'Annecy, des projets vont bientôt se concrétiser, modifiant ainsi notre environnement familier.

En revenant sur la photo d'une carte postale de 1960, nous constatons une grande évolution urbaine qui ne passe pas inaperçue.

Sur cette carte postale d'une vue aérienne du centre-ville, l'emplacement des rues anciennes et des bâtiments remarquables permet de comparer avec le bâti actuel.

Les habitants vont facilement visualiser les trois rues principales qui encerclent le château, tel le fer à cheval du blason de la commune.

 

 

Les différents bâtisses qui ont été démolies au fil du temps apparaissent, tels les anciens toits couvrant de très nombreux commerces entre la rue Tissot-Dupont et la rue Victor Hugo (du n°6 et 7) abattus dès 1983 sous le mandat de Jacques Piquand, fils de l'industriel Marcel Piquand, de même que les bâtiments de la Soierie (n°3). En n°11, on reconnaît l'immeuble collectif du sommet du bourg, ancienne usine Duport, puis Stünzi et Stäubli incendiée en 1937 ; et la plus belle bâtisse (n°7) au caractère indéniable qui fit la place au Relais de poste - Médiathèque actuelle (ancien magasin et dépôt Gurral)

D'autres immeubles ou bâtisses sont encore dans notre paysage actuel, comme l'ancienne mairie (n°1) devenue Maison des Associations abritant l'Office de tourisme intercommunal, le gymnase Nicolas Blanc donné à la commune par testament de 1857 par le baron Nicolas Blanc, avec l'école congréganiste (n°10) devenue habitat collectif.

D'autres bâtiments sont sur le point de disparaître, comme la maison Fossorier-Tchineny (n°5) à l'arrière de laquelle on peut remarquer le flanc arrondi des latrines de l'ancienne maison des Capucins de 1738.

On situera aussi l'ancien local (n°4) abritant le Tabellion, officier d'état civil enregistrant les actes notariés publics des notaires d'un secteur allant d'Héry-sur-Ugine à Giez et Verthier, soit plus de 8000 contrats de mariage durant les années 1697 à 1793, ... (l'association est en train de relever les testaments parmi plus de 100.000 actes d'une trentaine de notaires, sur près de 100 ans). Ce local sera préservé dans le prochain aménagement du quartier de la Halle couverte.

Pour en savoir plus, adhérer à "Histoire et patrimoine des Sources du lac d'Annecy", en prenant contact ici.

Prochaine Assemblée générale le jeudi 8 février 2018, Maison des Associations de Faverges.

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18 décembre 2017 1 18 /12 /décembre /2017 20:29
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